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vendredi 18 juin 2010

Syrie, nous voila! (heu, on l'a deja faite celle-la, non?)

Oui, une boucle est faite pour etre bouclee. Nous retournerons donc a Damas, mais par le chemin des ecoliers.

Le passage de la frontiere du Nord Liban n'est pas aisé et Florent doit se battre et faire des coudes pour passer a travers la cohue et tendre nos passeports au douanier, qui, a bout de nerfs, eloigne du bras les mouches qui s'empressent se re recoller bien vite a son comptoir.
Mais l'on passe; et nous arrivons tout juste a temps pour visiter notre rêve d'enfance; le Krak des chevaliers, alias le meilleur chateau fort qu'on puisse s'imaginer quand on est un gosse en short-bateaux, tapant ses cousins avec des epees en bois fabriquees par papa lors des reunions de famille.


Montez la colline, puis, essouflés, attaquez la muraille!


Ca en impose, non?


Comme mon chateau de Playmobil...


On peut presque plonger dans la petite bourgade du plus haut somme de la plus haute tour!


Vous ne passerez pas!

Oui, Perceval, le roi Arthur, les Sarrasins, tout ca tout ca... Une forteresse pourtant prenable moyennant deux ou trois euros, moins si on a sa carte d'etudiant!


Haro! a Dieu! Mortecouille! Sus a l'ennemi! Que trepasse si je faiblis, pourfendons vaillamment!

Les Orthodoxes nous font volontiers visiter leur Monastere St Georges, mais preferent nous envoyer coucher chez les Cathos a Marmarita, plus haut dans la montagne, ils ne peuvent pas les appeler pour cause de "relations orageuses". Dommage. Les soeurs du Perpetuel Secours , qui portent bien leur nom, rattrappent le tout et nous permettent d'assister a notre premiere communion (comprendre "premiere premiere communion en Syrie") en Arabe suivie de notre deuxieme orchestre de rue scout!

L'autostop vers Quara s'avère efficace et nous ne restons que trés peu a Homs pour visiter rapidement cette ville sans grand interet si ce n'est la ceinture que Marie aurait donnée avant son assomption...

Arrivés le soir a Quara, au monastere de St Jacques le Mutile, les soeurs nous mettent tout de suite a contribution ( pour notre plus grand plaisir) en allant ramasser des abricots que nous trierons ce soir pour les confitures, fruits secs et autres delicieuses preparations. C'est ainsi que nous faisons la connaissance de soeur Claire-Marie et de ses soeurs, qui, apres avoir decouvert des ruines d'un ancien temple il y a 20 ans en plein desert, ont decide d'y etablir leur demeure, et celle de leur Epoux.

Un petit coin de desert... et au loin, le Liban...

Leur vocation, initialement contemplative, s'est vite enrichie de l'accueil des pelerins et gens de passage, parfois pour un an ou plus. Des enfants s'y trouvent aussi pour les vacances et jouer et travailler avec eux fut un reel plaisir. Le tour de magie dont j'ai le secret fait toujours son effet, et cela est suffisant pour voire briller le bonheur dans leurs yeux, ce qui fait le notre.

Nous rencontrons aussi David, du Colorado, et Alex, Belge, aux horizons differents mais qui ont trouvé dans cette oasis d'Amour et de Paix une vocation seduisante. Pour discerner, rien de tel qu'un an au desert, a servir et prier.
Pour les aider dans leurs taches, nous passons donc une journee a pelleter du beton en discutant dans la poussiere, et une seconde plies en deux a arrachaer les mauvaises herbes du champ de patates... c'est la mission "Il faut sauver le soldat patate". A un contre vingt, les mauvaises herbes ont l'avantage, mais les soeurs ont une arme secrete; l'eau! En arrosant le champ, on peut tirer la racine de l'ivraiei et ainsi sauver les patates de la gehenne... foi de hachis (Parmentier) il fallait y penser! Si on m'avait dit que les patates aussi seraient sauvées, je ne serai peut etre pas parti en pelerinage...

La courelle... un havre de paix! Mais gare , a 14h c'est 50 au soleil...

Les journees harrassantes (j'exagere) nous permettent de mieux profiter des bons repas prepares par les soeurs et c'est le coeur lourd que nous quittons notre "famille".

Nous partons a present pour un autre monastere, celui de Marmusa.
Un stop classique nous avance (10 kilometres et une bouteillee de soda offerte) aux portes d'un pseudo desert que nous terminons de traverser a pied. Une gorge rocheuse nous mene dans un lieu assez magique, MarMusa, petit monastere mixte oecumenique perche sur un rocher qui domine une plaine de sable brulant...
Marmusa... "Allez voir la haut si j'y suis"

Et sous le monastere yavait... rien!
(ou presque)

Le RDV des backpackers spirituels, deja formes ou bien en totale recherche de Dieu, une ambiance decalée presque bouddhiste mais sympathique. Notre premiere messe sur place est assise et chacun est libre de parler, en plus d'etre en grande partie en arabe, l'adaptation est rude!
La partie femmes... il faut monter un peu!

Ceci dit, au gre des rencontres tres internationales, on passera finalement un tres bon temps a discuter avec des travellers, comme notre ami Dan qui voyage depuis 18 mois depuis le Canada et qui finira comme nous a Disneyland (nom de code pour Israel. Nous avons de la chance d'avoir notre ami Mickey sur place, mais il est vrai que l'on est pas encore certains de passer la frontiere car le Liban et la Syrie ne sont pas fans du pays de la Princesse Charmante...).
Tant et si bien qu'on restera une nuit de plus, cette fois ci bien allonges sur la terrasse a regarder les etoiles filantes en philosophant... Que demander de plus?

Retraversant le "desert" pour la seconde fois, nous allons chercher nos "racines chretiennes" dans le petit village de Maalula ou, dans une eglise vieille de 1700 ans, une jeune femme nous recite le Notre Pere en Arameen, la langue de Jesus... emouvant!


Un charmant petit bourg ou l'on parle francais et la langue du Christ...

A ce propos, les petits malins qui disent que l"arameen est tres beau apres avoir vu La Passion (de Mel Gibson) se trompent; il est en Syriaque! Ceci dit, les deux se ressemblenet fortement, et l'on pourrait les comparer au francais et a l'espagnol car il suffit de rajouter des O a la fin des mots :-)
Seydanya... tourisme donc construction...



En passant par Seydana pour voir une "icone qui fait des miracles" (Merci Lonely Planet pour les commentaires spirituels), representation de la vierge que meme les Musulmans viennent venerer ici, nous nous refaisons un brushing a l'arriere d'un pickup, mais aussi une couleur pour les poils des bras, car le soleil tape.


Brushing gratuit. Pas besoin de gel.


Un pote autostoppeur... Le chacal, il s'est mis en amont!

Notre contact a Damas tombe a l'eau, nous pensions etre loges dans une famille mais ce sont des chambres d'hotes, qui ne rentrent pas dans notre budget spartiate (si les prix avaient la foi comme un grain de moutarde, ils pourraient passer par le trou d'une aiguille et deplacer des montagnes, helas les prix sont athees!).
Une paroissienne Maronite, Marie, vient a notre secours et se fait une joie de ressortir son francais poussiereux pour nous faire loger non loin du quartier chretien de Damas... A nous la grande ville!

2 commentaires:

  1. Toujours savoureux à lire =)
    Bonne route

    Armel

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  2. Impressionnant le krak des chevaliers !
    Mais Florent, par cette chaleur, comment supportes-tu tes cheveux ?

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